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Les limites de la perception humaine à l’ère de l’intelligence artificielle et la difficulté de discerner la vérité

Pouvoir, religion et civilisation

Langue du contenuOriginal: العربية
NarrateurFrançais

Une étude de la médiation épistémique : comment les systèmes d’intelligence artificielle reconfigurent-ils le rapport humain à la connaissance et à la vérification ?

Résumé

Cette étude examine les transformations possibles de l’appréhension humaine de la connaissance dans un contexte de diffusion des systèmes d’intelligence artificielle, considérés comme des médiations techniques reposant sur le traitement de données humaines au moyen d’algorithmes d’analyse et d’organisation. Elle interroge la relation entre la connaissance directe et la connaissance reproduite par ces systèmes, ainsi que ses effets sur la capacité humaine à distinguer la vérité originelle de sa représentation épistémique médiatisée.

Introduction

L’époque moderne a connu un développement accéléré des systèmes d’intelligence artificielle, qui en a fait une composante essentielle de la production et de la circulation de la connaissance. Cette transformation ne concerne pas seulement l’accélération de l’accès à l’information : elle touche aussi la manière dont se constitue la compréhension elle-même.

L’étude part de l’hypothèse que l’intelligence artificielle pourrait ne pas être un simple outil de recherche de connaissances, mais un intermédiaire épistémique contribuant à reconfigurer la manière dont l’être humain perçoit la réalité.

Cadre conceptuel

Ces systèmes reposent sur des modèles mathématiques relevant de l’apprentissage automatique et de l’apprentissage profond. Ils sont entraînés sur des volumes considérables de données humaines afin de reconnaître des régularités et de produire des réponses linguistiques ou analytiques.

La connaissance qu’ils produisent n’est donc pas indépendante : elle constitue une réorganisation de la connaissance humaine au sein d’un cadre technique prédéfini, soumis à des règles de conception et de fonctionnement établies par l’être humain.

La problématique de la médiation épistémique

À mesure que l’usage de ces systèmes s’étend, une transformation progressive des modalités d’accès à la connaissance se dessine : l’être humain passe d’une interaction directe avec les sources au recours à un intermédiaire technique qui filtre et organise l’information.

La problématique peut se résumer ainsi : un moindre recours à la vérification directe et à l’expérience personnelle, un recours accru à des résultats prêts à l’emploi et préalablement traités, la possibilité d’une uniformisation de la présentation de la connaissance au moyen de schémas linguistiques convergents, et la difficulté à distinguer la connaissance originelle de la connaissance reproduite.

La connaissance de l’invisible et sa re-présentation linguistique

Ces systèmes traitent les concepts religieux et métaphysiques comme des textes linguistiques au sein des données humaines. Dans ce contexte, ces concepts peuvent être analysés comme des unités linguistiques susceptibles d’être traitées, comme des concepts culturels et historiques, et comme des éléments inscrits dans de multiples systèmes d’interprétation ; cela n’implique aucune appréhension de leur contenu doctrinal ou de ce qui, en eux, relève de l’invisible, puisque le fonctionnement du système demeure limité à la représentation linguistique et à l’analyse statistique.

Le mécanisme de régulation et de contrôle technique

Ces systèmes fonctionnent dans un cadre de contraintes définies par l’être humain. Les règles émanent des développeurs et des institutions de recherche qui supervisent le système ; les mécanismes de mise en œuvre comprennent le filtrage des données pendant l’entraînement, l’évaluation des sorties par des humains et la fixation de limites quant aux types de contenus autorisés. Quant au fonctionnement, il repose sur des modèles d’apprentissage statistique fondés sur les données, sans conscience, sans volonté ni capacité à établir des règles de manière autonome.

Les conséquences possibles de la transformation épistémique

Si le recours croissant à ces systèmes se poursuit, les transformations suivantes pourraient apparaître : la connaissance deviendrait un produit médiatisé plutôt qu’une expérience directe ; le rôle des systèmes techniques dans la formation de la compréhension générale s’accroîtrait ; le concept de « vérification » serait redéfini de manière à inclure les médiations numériques ; et l’écart entre la réalité vécue et la représentation épistémique se creuserait.

Les risques liés au contrôle de l’outil

La manipulation systématique de la vérité. L’intelligence artificielle peut être utilisée pour produire et diffuser à grande échelle des informations trompeuses qui paraissent fiables, dans le but de déformer la réalité ou de la reformuler.

L’orientation dissimulée de la perception collective. Le contrôle de ce qui est montré et de ce qui est caché permet d’influencer progressivement la conscience des individus et de façonner leurs opinions sans qu’ils en aient directement conscience.

L’affaiblissement de la capacité humaine de discernement. Avec le recours accru au système comme source principale d’information, les compétences de vérification critique pourraient reculer et la mise au jour de la vérité devenir plus difficile.

L’intelligence artificielle ne possède ni conscience ni conscience de soi, et ce qui semble être une « compréhension » résulte en réalité du traitement de données humaines selon des algorithmes et des règles établis par l’être humain ; elle ne reflète donc pas une conscience qui lui serait propre, mais les connaissances et les régularités qu’elle a apprises à partir de multiples sources humaines.

Conclusion

L’étude montre que l’intelligence artificielle constitue un nouvel intermédiaire épistémique, fondé sur la réorganisation de la connaissance humaine au moyen d’algorithmes d’analyse, ce qui pourrait influer sur la manière dont l’être humain appréhende l’information et distingue la connaissance directe de la connaissance reproduite.

À mesure que le recours à l’intelligence artificielle s’étend, une problématique se fait jour, liée au recul possible de la vérification individuelle et au recours accru aux médiations techniques dans la formation de la compréhension générale. L’étude indique également que ces systèmes ne possèdent pas de conscience de soi, mais fonctionnent à partir de données et de règles établies par l’être humain ; leur utilisation à grande échelle pourrait néanmoins reconfigurer à l’avenir la relation entre l’être humain et la vérité.