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L’orgueil face à la vérité : une leçon du patrimoine et du monde contemporain

Le Coran de l’intérieur

Langue du contenuOriginal: العربية
NarrateurFrançais

L’orgueil est à l’origine de toute déviation : d’Iblis à la transformation de l’élection divine en sentiment de supériorité, du refus de réexaminer le patrimoine à la faiblesse de la communauté.

Introduction

L’orgueil face à la vérité est à l’origine de toute désobéissance et de toute déviation dans les conduites individuelles et collectives. Cette notion apparaît clairement dans le Coran ainsi que dans le patrimoine religieux du judaïsme et du christianisme. Elle compte parmi les principaux facteurs ayant conduit, au fil de l’histoire, à la perte du message et de la morale. La mission fondamentale des communautés élues était de servir la vérité et la justice et de répandre le bien parmi les êtres humains ; mais l’orgueil face à la vérité conduit à la corruption, à la tromperie et à l’abandon de la mission originelle.

L’orgueil face à la vérité dans le patrimoine religieux

Dans le Coran

﴿قَالَ أَنَا خَيْرٌ مِّنْهُ﴾ (« Il dit : “Je suis meilleur que lui.” ») [الأعراف: ١٢]

Iblis a refusé de se prosterner devant Adam par orgueil. Cet acte représente l’origine de toute désobéissance, car il place le moi au-dessus du commandement de la vérité et justifie la rébellion contre Dieu. Tout autre péché découle de cet orgueil lorsque l’être humain justifie à ses propres yeux sa désobéissance et fait abstraction de la vérité.

Dans le judaïsme et le christianisme

Les traditions juive et chrétienne associent l’écart par rapport à la vérité, l’altération et l’orgueil envers Dieu aux anges déchus. Dans le christianisme apparaît le récit d’une rébellion née de la présomption, qui reflète la même réalité morale contre laquelle le Coran met en garde.

L’orgueil face à la vérité est ainsi une cause fondamentale de déviation individuelle et collective ; il apparaît dans toutes les lois religieuses comme un danger pour le message et la morale.

La tromperie de Satan envers les êtres humains

Satan ne séduit pas par la force directe, mais par la tromperie intellectuelle et psychologique : il manipule l’esprit et exploite l’ignorance jusqu’à ce que l’être humain prenne la vérité pour une erreur et la désobéissance pour un avantage ; il sème l’orgueil et le doute jusqu’à ce que l’être humain se considère comme supérieur à la vérité ; il dissimule les conséquences en présentant la désobéissance comme un plaisir ou une force, alors qu’elle est en réalité perdition. Il en résulte que l’orgueil pousse l’être humain à justifier ses actes et à s’éloigner du repentir, ce qui constitue la plus grande erreur.

L’élection divine et sa transformation en sentiment de supériorité

Le Coran a évoqué certains comportements des fils d’Israël à des fins éducatives et pédagogiques, et non pour prononcer une condamnation générale : la transgression du commandement de Dieu, le rejet des prophètes comme menteurs, l’altération et l’orgueil face à la vérité. L’histoire moderne montre que certaines politiques ont transformé l’élection en intérêts nationaux ou racistes, au détriment de la justice et des droits humains. Cela représente un autre visage de Satan parmi les êtres humains, à savoir la conduite qui fait passer l’intérêt avant la vérité.

Tous les juifs n’incarnent pas ce visage ; ce sont plutôt certains comportements orgueilleux et erronés qui le concrétisent.

L’élection de la communauté et sa mission

﴿كُنتُمْ خَيْرَ أُمَّةٍ أُخْرِجَتْ لِلنَّاسِ تَأْمُرُونَ بِالْمَعْرُوفِ وَتَنْهَوْنَ عَنِ الْمُنكَرِ وَتُؤْمِنُونَ بِاللَّهِ﴾ (« Vous êtes la meilleure communauté suscitée pour les êtres humains : vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez en Dieu. ») [آل عمران: ١١٠]

Le but est que la communauté témoigne de la vérité et soit, pour l’humanité, un modèle de justice et de vertu. Cette élection impose une responsabilité morale et une lutte constante pour préserver le message, et non une simple fierté tirée de l’identité religieuse.

Les causes de la faiblesse de la communauté aujourd’hui

L’orgueil intellectuel et l’attachement à l’héritage reçu : le refus de réexaminer le patrimoine et la soumission aux usages sans considération pour la vérité ont conduit à une accumulation d’erreurs au fil du temps.

La préoccupation pour les formes : le culte et les rites, dépourvus de justice ou de mise en pratique de la vérité, sont devenus une identité sans substance.

L’absence d’unité et d’action collective : les musulmans se trouvent parfois dans l’incapacité de faire face à l’injustice et aux violations à l’échelle mondiale, alors que leur devoir est de prendre la tête de l’action en faveur de la vérité et de la justice.

Il en résulte une faiblesse politique, économique et morale, ainsi qu’un abaissement face aux autres nations.

Le point de similitude

L’élection au service d’autrui : la mission consiste originellement à guider les êtres humains par le bien et à répandre la justice. Certains ont transformé cette élection en exploitation du pouvoir ou de l’identité au profit d’intérêts particuliers, tandis que les musulmans ont reçu l’ordre de préserver le message et d’agir avec justice.

La responsabilité morale : la communauté a reçu l’ordre de prescrire le convenable et d’interdire le blâmable, alors que la force est parfois utilisée pour justifier les violations.

La foi en la vérité : le fondement de la conduite des hommes et de la justice repose sur la foi en la vérité, mais l’intérêt personnel est parfois justifié à ses dépens.

La similitude réside donc dans le but originel, et la différence dans la déviation apparue chez certains.

Le refus de réexaminer le patrimoine : une forme d’orgueil

Ses causes sont l’attachement à l’héritage reçu, la peur de la critique et de la discorde, la faiblesse de la culture critique en matière religieuse, le lien entre patrimoine et identité, et l’exploitation du patrimoine à des fins de pouvoir. L’orgueil se manifeste dans le fait de s’appuyer sur la forme et l’identité et de s’attacher à l’héritage reçu comme s’il constituait la vérité absolue. Le point de ressemblance avec Iblis est le refus de réexaminer la vérité et l’attachement à ce qui est erroné, ce qui conduit à l’accumulation des déviations et à la perte de la capacité à mettre en œuvre le message essentiel.

Principales conclusions

L’orgueil face à la vérité est à l’origine de toute désobéissance ; la tromperie de Satan opère par la présomption et l’ignorance ; la mission originelle des communautés élues était la vérité, la justice et la diffusion du bien ; la faiblesse de la communauté aujourd’hui résulte de l’attachement à l’héritage reçu, de la préoccupation pour les formes et de la faiblesse de l’action collective ; le refus de réexaminer le patrimoine est une forme d’orgueil.

La solution pratique est donc l’humilité devant la vérité, le réexamen du patrimoine, le repentir, une compréhension consciente du Coran et l’action juste, afin que l’élection de la communauté au service de l’humanité soit réelle et tangible, et non un simple slogan ou une identité sans substance.