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Aux Syriens… ne laissez pas vos sacrifices être confisqués une nouvelle fois

Le pouvoir, la religion et la civilisation

Langue du contenuOriginal: العربية
NarrateurFrançais

Les révolutions ne sont pas confisquées seulement par les chars, mais aussi lorsque la patrie devient un butin et que les armes se placent au-dessus de la loi.

Vous avez payé un lourd tribut de sang, de déplacements forcés et de dévastation. Ne laissez donc personne confisquer vos sacrifices une nouvelle fois : ni au nom de la communauté confessionnelle, ni au nom de la révolution, ni au nom de la religion, ni au nom de la sécurité.

Car les révolutions ne sont pas confisquées seulement par les chars : elles le sont aussi lorsque la patrie devient un butin, lorsque les armes se placent au-dessus de la loi, lorsque l’islam est réduit à un groupe et la Syrie à une faction.

La Syrie n’a jamais été une image de l’extrémisme

Elle a, au contraire, été une terre de civilisation : le royaume d’Ebla, l’Empire de Palmyre, la mosquée des Omeyyades, Alep, Damas… Elle a été un phare du savoir, du commerce et de la culture, non un terrain de slogans et de nouvelles prisons.

Plus dangereux que la confiscation de la révolution

Plus dangereux encore que de confisquer la révolution est de revêtir cette confiscation des habits de la religion : la contestation devient alors mécréance, la critique trahison et le despotisme « loi religieuse ».

L’islam est justice avant d’être un slogan, miséricorde avant d’être un étendard, consultation avant d’être une allégeance imposée. Celui qui gouverne les gens par la peur ne représente pas l’islam, et celui qui les déclare mécréants pour les gouverner ne bâtit pas une patrie.

Sortir du goulot d’étranglement

Retrouver le sens de la patrie. La Syrie appartient à tous les Syriens, non à une communauté confessionnelle, à un parti ou à une organisation.

Bâtir un État d’institutions, non un État de personnes. Ni chef providentiel, ni seigneur de guerre, ni gouvernant au nom du Ciel.

Séparer la prédication des armes. La religion guide les gens et les armes protègent les frontières ; si toutes deux se trouvent réunies entre les mains d’un groupe, la religion et la patrie sont perdues.

Refuser la vengeance. Il n’y a pas d’avenir dans une vendetta sans fin, ni de justice sans loi.

Mettre au jour les projets extérieurs. Chaque État poursuit son intérêt : ne faites donc pas de votre terre une monnaie d’échange dans les négociations.

Faire revivre l’identité civilisationnelle syrienne. Une identité qui façonne l’avenir, non une identité qui se nourrit uniquement d’un discours de victimisation et de guerre.

L’ennemi attend la division, non la force

Souvenez-vous que l’ennemi aux aguets n’attend pas de vous la force… mais la division. Israël et les autres puissances qui ne veulent pas que la Syrie se rétablisse surveillent chaque fissure, tirent parti de chaque différend et exploitent chaque désordre.

Ne faites donc pas de vos conflits internes un cadeau offert gratuitement à vos ennemis, et ne faites pas de votre sang une voie pavée pour les projets des autres.

Lorsque le Syrien s’en prend au Syrien, la terre est perdue et celui qui guette avance. Lorsque les voix s’unissent, les prétextes tombent et ceux qui nourrissent des convoitises échouent.

Ne laissez pas les désaccords politiques se transformer en une guerre existentielle, ni les divergences de pensée en affrontements meurtriers ; car lorsque la patrie s’affaiblit, tous s’enhardissent contre elle.

« Ne laissez pas la révolution passer d’une quête de liberté… à un marché du pouvoir, et ne laissez pas l’islam être détourné pour servir de passerelle vers un nouveau despotisme. »