Après le jugement : le témoignage de l'oumma sur les gens
Le judaïsme
L'oumma a-t-elle rendu son témoignage dans l'affaire de « la part imposée » ?
Introduction : le jugement n’est pas la fin de l’affaire
Le procès a abouti à deux jugements clairs :
Premier jugement : l’établissement de la « part assignée » et la détermination du groupe visé par l’accusation, à savoir le groupe que le Coran désigne par « ceux qui se sont judaïsés », les Juifs, conformément aux preuves, aux descriptions et aux actes sur lesquels le jugement a été fondé.
Second jugement : l’établissement de la fonction liée à cette part :
L’égarement → les vains espoirs → l’ordre → l’altération.
Mais le jugement n’est pas la fin de l’affaire.
Car Dieu a établi cette oumma :
﴿لِّتَكُونُوا شُهَدَاءَ عَلَى النَّاسِ﴾ (afin que vous soyez témoins à l’égard des gens) [البقرة: 143]
Et Il a établi le Messager :
﴿وَيَكُونَ الرَّسُولُ عَلَيْكُمْ شَهِيدًا﴾ (et que le Messager soit témoin à votre égard) []
Ainsi, une fois le jugement prononcé, la question n’est plus :
Qui est la part assignée ?
Elle devient plutôt :
Qu’a fait l’oumma de ce que le Coran a dévoilé ?
Et a-t-elle rendu son témoignage (shahāda) à l’égard des gens, ou a-t-elle laissé l’affaire dévoilée par le Coran leur demeurer cachée ?
Premièrement : de la « part assignée » à l’« altération de la création de Dieu »
Iblis a dit :
﴿لَأَتَّخِذَنَّ مِنْ عِبَادِكَ نَصِيبًا مَّفْرُوضًا﴾ (Je prendrai assurément parmi Tes serviteurs une part assignée) [النساء: 118]
Puis le Coran a immédiatement dévoilé la fonction de cette part :
﴿وَلَأُضِلَّنَّهُمْ وَلَأُمَنِّيَنَّهُمْ وَلَآمُرَنَّهُمْ فَلَيُبَتِّكُنَّ آذَانَ الْأَنْعَامِ وَلَآمُرَنَّهُمْ فَلَيُغَيِّرُنَّ خَلْقَ اللَّهِ﴾ (Je les égarerai assurément, je les bercerai de vains espoirs et je leur donnerai des ordres : ils entailleront alors les oreilles des bestiaux ; et je leur donnerai des ordres : ils altéreront alors la création de Dieu) [النساء: 119]
Il n’est pas permis de dissocier la fin du verset de son début.
L’enchaînement coranique est clair :
Part assignée → égarement → vains espoirs → ordre → action sur un être vivant → altération de la création de Dieu.
Le Coran ne mentionne pas l’« altération de la création de Dieu » de manière abstraite ; il la fait précéder d’un exemple précis :
﴿فَلَيُبَتِّكُنَّ آذَانَ الْأَنْعَامِ﴾ (ils entailleront alors les oreilles des bestiaux) []
Puis vient le jugement de portée plus large :
﴿فَلَيُغَيِّرُنَّ خَلْقَ اللَّهِ﴾ (ils altéreront alors la création de Dieu).
Le Coran dévoile donc d’abord l’acte sous une forme sensible qui affecte un être vivant, puis le place sous un concept plus large : l’altération de la création de Dieu.
C’est ici qu’apparaît l’importance du verset à une époque où la capacité humaine d’intervenir sur l’être vivant dépasse la forme extérieure pour atteindre sa structure interne.
Pourquoi la mise en garde contre « la part assignée, les Juifs » a-t-elle pris la forme de l’ordre et de la menace ?
Ici, la fonction de la référence coranique à la « part assignée » se précise plus profondément : l’ordre de transmettre et de mettre en garde ne semble pas porter sur une question marginale, mais sur une question qui touche au parcours du message lui-même. Le message qui apporte miséricorde, lumière et guidance peut être édifié comme on édifie une maison ; puis survient celui qui œuvre à démolir ce qui a été bâti et à en corrompre la finalité. Dès lors, connaître le parcours de la « part assignée » participe de la protection du message, et ne relève pas d’une simple connaissance personnelle ou historique.
Dans cette perspective, on peut comprendre la vigueur de la formulation coranique dans l’ordre, la menace, la mise en garde et la transmission : car renoncer à dévoiler ce parcours peut signifier laisser les facteurs de démolition agir à l’encontre du projet divin d’édification, sans que l’oumma sache ce qu’elle affronte. Le Coran ne se contente pas d’exposer le message ; il dévoile aussi ce qui fait obstacle à son cheminement : corruption, volonté de domination et détournement de son orientation. Il demande aux porteurs du message de transmettre, de mettre en garde et de dévoiler les réalités. C’est pourquoi la transmission au sujet de la « part assignée » devient, dans cette lecture, liée à la transmission du message lui-même : le message est miséricorde et lumière pour les mondes, et connaître ce qui œuvre à le démolir ou à en corrompre les effets est une condition pour comprendre comment en préserver la finalité. La référence coranique n’est alors pas une simple information sur l’avenir, mais un avertissement adressé à l’oumma pour qu’elle connaisse le parcours de la démolition comme elle connaît celui de l’édification, afin qu’elle ne porte pas le message d’une main tandis que son sens est démoli de l’autre.
C’est ici qu’apparaît l’importance de la « part assignée » au sein même de la question du message.
Le Coran ne présente pas cette part comme une présence passagère ; il dévoile une fonction organisée qui commence par l’égarement, les vains espoirs et l’ordre, et s’achève par un acte qui altère la création de Dieu.
C’est pourquoi les verbes prennent une forme particulièrement explicite :
﴿وَلَأُضِلَّنَّهُمْ﴾ (et je les égarerai assurément) []
﴿وَلَأُمَنِّيَنَّهُمْ﴾ (et je les bercerai assurément de vains espoirs) []
﴿وَلَآمُرَنَّهُمْ﴾ (et je leur donnerai assurément des ordres) []
﴿فَلَيُبَتِّكُنَّ﴾ (ils entailleront alors assurément) []
﴿وَلَآمُرَنَّهُمْ﴾ (et je leur donnerai assurément des ordres) []
﴿فَلَيُغَيِّرُنَّ﴾ (ils altéreront alors assurément).
Ce ne sont pas des descriptions statiques, mais des parcours d’action, d’ordre, d’exécution et d’altération.
Nous comprenons ici pourquoi le dévoilement de ce parcours était important pour l’oumma.
Car le message divin édifie :
Guidance → miséricorde → lumière → réforme.
Et la part assignée agit dans la direction opposée :
Égarement → vains espoirs → ordre → corruption → altération.
Dès lors, connaître ce parcours participe de la protection du message.
Celui qui bâtit une maison, puis apprend que quelqu’un œuvre à la démolir, ne se contente pas de connaître l’édification : il dévoile aussi la voie de la démolition.
Il en va de même du message.
Si le message est miséricorde et lumière pour les mondes, protéger sa finalité exige de connaître les forces et les parcours qui œuvrent à le corrompre et à en altérer les effets.
C’est pourquoi le Coran n’a pas dévoilé le seul message, mais aussi ce qui fait obstacle à son cheminement.
Connaître la « part assignée » n’est donc pas un savoir marginal : cela participe de la connaissance de ce qu’affronte le message lui-même.
De là découle la responsabilité du témoignage (shahāda) :
Que l’oumma connaisse ce que le Coran a dévoilé, qu’elle le transmette aux gens et qu’elle dévoile le parcours de la corruption lorsqu’il se manifeste dans la réalité.
Deuxièmement : lorsque l’« altération de la création de Dieu » est devenue une capacité scientifique
Aujourd’hui, l’être humain n’agit plus seulement de l’extérieur sur l’être vivant.
L’intervention s’est déplacée vers des niveaux plus profonds :
Modification de la forme → sélection des caractères → hybridation → contrôle des caractères héréditaires → génie génétique → édition du génome → modification des cellules → thérapie génique.
L’être humain est désormais capable de cibler des segments précis de l’ADN, de désactiver, d’activer ou de modifier des gènes, ou encore de remplacer des séquences génétiques.
Ici, l’expression :
﴿فَلَيُغَيِّرُنَّ خَلْقَ اللَّهِ﴾ (ils altéreront alors la création de Dieu) []
passe d’un concept lu uniquement à travers les formes du passé à une question concrète relevant des capacités humaines contemporaines.
L’être humain est en effet devenu capable de modifier les caractéristiques de l’être vivant au niveau génétique lui-même.
Troisièmement : Israël et le projet d’édition du génome
C’est ici qu’apparaît un indice central dans l’affaire.
En 2020, l’Autorité israélienne de l’innovation a annoncé la création d’un consortium :
CRISPR-IL
Il s’agit d’un consortium national réunissant des entreprises, des équipes universitaires et des hôpitaux israéliens, dans le but de développer un système avancé d’édition du génome associant :
Intelligence artificielle + CRISPR + édition du génome.
Lors de la création du consortium, l’Autorité a annoncé un financement de 36 millions de shekels pour une durée de 18 mois, avec possibilité de prolongation.
L’objectif n’était pas de développer un traitement unique pour une seule maladie, mais de développer des outils permettant d’améliorer :
Précision de l’édition des gènes → efficacité de l’édition → sécurité → applications industrielles et de recherche.
Les applications annoncées comprenaient :
Médecine → agriculture → animaux.
Nous sommes donc face à un système organisé, et non à une expérience de laboratoire isolée.
Quatrièmement : le projet dépasse l’être humain pour s’étendre aux êtres vivants
Le rapport national israélien sur le programme Bio-Convergence donne une vue plus large de la situation.
Durant la période 2020–2023, le consortium CRISPR-IL a travaillé au développement d’un système fondé sur l’intelligence artificielle pour soutenir l’édition du génome dans les cellules et les êtres vivants.
Les domaines de travail comprenaient :
Thérapie génique → pharmacie → plantes → insectes → crustacés → produits agricoles améliorés.
Le champ ne s’arrête donc pas à l’être humain.
Il comprend au contraire :
Cellules humaines → plantes → animaux → êtres vivants multiples.
Ce point nous ramène directement au verset :
﴿فَلَيُبَتِّكُنَّ آذَانَ الْأَنْعَامِ﴾ (Alors ils fendront les oreilles des bestiaux) []
Puis :
﴿فَلَيُغَيِّرُنَّ خَلْقَ اللَّهِ﴾ (Alors ils altéreront la création de Dieu).
Le Coran place ainsi l’être vivant dans le contexte de l’altération, et la science moderne a porté cette altération au niveau du génome lui-même.
Cinquièmement : l’intelligence artificielle entre dans le processus d’altération
Il ne s’agit plus simplement d’utiliser CRISPR.
L’intelligence artificielle fait désormais partie du processus même d’édition du génome.
Elle intervient dans :
Le choix de la modification → sa conception → l’amélioration de sa précision → l’analyse de ses résultats → la réduction des modifications non intentionnelles.
Trois éléments se trouvent ainsi réunis au sein d’un même système :
Intelligence artificielle + édition du génome + être vivant.
Cela change la nature de la capacité humaine.
L’être humain ne se contente plus d’observer l’être vivant ou de modifier sa forme : il possède désormais des outils lui permettant d’intervenir dans l’information génétique qui détermine ses caractéristiques biologiques.
Sixièmement : de l’animal à l’être humain
Apparaissent ici les recherches sur l’édition du génome humain et la thérapie génique menées dans des institutions israéliennes de pointe, notamment les recherches du professeur Ayal Hendel à l’université Bar-Ilan.
Ses recherches comprennent :
Génie génétique → édition du génome → cellules souches → correction des gènes → thérapie génique → modification des cellules immunitaires.
L’enchaînement est ainsi devenu clair :
Édition du génome → cellule → gène → maladie génétique → cellule humaine → thérapie génique.
L’être humain n’est plus un simple observateur de l’être vivant.
Il est devenu capable d’intervenir dans sa matière génétique.
Septièmement : ici, le verset rejoint l’ensemble du parcours
Lorsque nous confrontons le texte coranique à cette réalité, l’enchaînement apparaît :
Le Coran :
﴿نَصِيبًا مَّفْرُوضًا﴾ (Une part assignée) → ﴿وَلَأُضِلَّنَّهُمْ﴾ (Et je les égarerai assurément) → ﴿وَلَأُمَنِّيَنَّهُمْ﴾ (Et je les bercerai assurément de vains espoirs) → ﴿وَلَآمُرَنَّهُمْ﴾ (Et je leur ordonnerai assurément) → ﴿فَلَيُبَتِّكُنَّ آذَانَ الْأَنْعَامِ﴾ (Alors ils fendront les oreilles des bestiaux) → ﴿وَلَآمُرَنَّهُمْ﴾ (Et je leur ordonnerai assurément) → ﴿فَلَيُغَيِّرُنَّ خَلْقَ اللَّهِ﴾ (Alors ils altéreront la création de Dieu).
La réalité moderne :
Être vivant → génie génétique → édition du génome → CRISPR → intelligence artificielle → plante → animal → être humain → thérapie génique.
Un point essentiel apparaît ici :
Le Coran n’a pas mentionné le nom de CRISPR, mais il a dévoilé un parcours qui aboutit à l’altération de la création de Dieu.
La science moderne n’a pas découvert « le verset » ; elle a mis au jour une nouvelle capacité humaine qui fait de ce parcours une réalité susceptible d’être mise en pratique.
C’est ici que commence la véritable mise à l’épreuve du texte.
Huitièmement : pourquoi Israël ?
L’affaire entre ici dans la phase sur laquelle repose ce procès.
Si le premier procès a conclu que la « part assignée » est liée à la catégorie que le Coran désigne par « ceux qui se sont judaïsés », et que nous trouvons ensuite, à l’époque moderne, un système national organisé en Israël pour développer l’édition du génome, réunissant :
L’État → l’Autorité de l’innovation → les universités → les hôpitaux → les entreprises → l’intelligence artificielle → CRISPR → l’édition du génome → l’être humain, l’animal et la plante,
alors cet indice entre directement dans le dossier de l’affaire.
Nous ne parlons pas d’un scientifique israélien isolé.
Ni d’un laboratoire distinct.
Mais d’un système national organisé.
C’est ce qui fait d’Israël une composante essentielle de la mise à l’épreuve de l’hypothèse.
Neuvièmement : le projet ne s’arrête pas à l’être humain
Ce point ne saurait être écarté de l’affaire.
Car le système CRISPR-IL et les programmes israéliens de Bio-Convergence ne se limitent pas aux traitements destinés à l’être humain.
Ils s’étendent à :
La plante → l’animal → l’agriculture → l’aquaculture → les cellules humaines → la thérapie génique.
Cela nous ramène une nouvelle fois à l’ordre du verset :
﴿فَلَيُبَتِّكُنَّ آذَانَ الْأَنْعَامِ﴾ (Alors ils fendront les oreilles des bestiaux) []
Puis :
﴿فَلَيُغَيِّرُنَّ خَلْقَ اللَّهِ﴾ (Alors ils altéreront la création de Dieu).
Le verset commence par une image sensible concernant un être vivant, puis ouvre la notion à la « création de Dieu ».
La réalité scientifique moderne a étendu la capacité de l’être humain de l’altération extérieure à l’altération génétique, et de l’animal et de la plante à l’être humain.
Dixièmement : Israël n’est pas le point de départ, mais le résultat de la recherche
C’est là un point méthodologique décisif.
La recherche n’est pas partie d’Israël pour chercher ensuite un verset qui lui corresponde.
Elle est au contraire partie du Coran :
﴿لَأَتَّخِذَنَّ مِنْ عِبَادِكَ نَصِيبًا مَّفْرُوضًا﴾ (Je prendrai assurément, parmi Tes serviteurs, une part assignée) []
Puis :
﴿فَلَيُبَتِّكُنَّ آذَانَ الْأَنْعَامِ﴾ (Alors ils fendront les oreilles des bestiaux) []
Puis :
﴿فَلَيُغَيِّرُنَّ خَلْقَ اللَّهِ﴾ (Alors ils altéreront la création de Dieu).
La recherche s’est ensuite tournée vers la réalité :
L’être humain est-il devenu capable de modifier l’être vivant ?
Oui.
La modification a-t-elle atteint le génome ?
Oui.
CRISPR est-il devenu un outil effectif d’édition du génome ?
Oui.
L’intelligence artificielle est-elle entrée dans ce processus ?
Oui.
Les applications ont-elles englobé l’être humain, l’animal et la plante ?
Oui.
Existe-t-il en Israël un système national organisé réunissant ces domaines ?
Oui.
Ainsi, Israël n’a pas été le point de départ de la recherche.
Il est apparu au terme de la série d’épreuves.
Onzièmement : ici commence la responsabilité de l’oumma
Après tout cela, le Coran revient à l’oumma :
﴿لِّتَكُونُوا شُهَدَاءَ عَلَى النَّاسِ﴾ (Afin que vous soyez témoins à l’égard des gens).
Car le témoignage (shahāda) ne consiste pas à connaître le texte pour ensuite l’enfermer dans les livres.
Le témoignage (shahāda) consiste à voir ce que le Coran a dévoilé lorsque cela apparaît dans la réalité.
Ici, l’oumma doit s’interroger :
A-t-elle lu :
﴿فَلَيُغَيِّرُنَّ خَلْقَ اللَّهِ﴾ (Alors ils altéreront la création de Dieu) []
puis suivi l’évolution de la capacité de l’être humain à modifier les êtres vivants ?
A-t-elle suivi le passage de l’être humain à travers :
La modification extérieure → le génie génétique → l’édition du génome → la modification des cellules → l’intervention sur l’être humain ?
A-t-elle recherché les centres et les États qui conduisent cette transformation ?
A-t-elle révélé aux gens que l’édition du génome est devenue un système scientifique, industriel et médical avancé ?
Et a-t-elle révélé qu’Israël a construit un dispositif national associant CRISPR, l’intelligence artificielle et l’édition du génome, et intervenant chez l’être humain, l’animal et le végétal ?
Si elle ne l’a pas fait, la question ne porte plus sur la connaissance.
Elle devient une question de témoignage (shahāda).
Synthèse : le procès des témoins
L’affaire forme désormais un seul enchaînement :
La part assignée → l’égarement → les vains espoirs → l’ordre → l’entaille des oreilles du bétail → l’altération de la création de Dieu → le développement de la capacité humaine à modifier l’être vivant → le génie génétique → l’édition du génome → CRISPR → l’intelligence artificielle + CRISPR → le végétal, l’animal et l’être humain → la thérapie génique et la modification des cellules humaines → un dispositif national organisé en Israël.
Il ne s’agit pas d’un ensemble d’informations isolées.
Ce sont des trajectoires qui convergent en un seul point :
La capacité humaine à intervenir dans la création de l’être vivant et à la modifier.
Or, le Coran a inscrit cette capacité dans le contexte de la « part assignée » il y a plus de mille quatre cents ans.
Puis est venue une époque où l’être humain est devenu capable d’intervenir dans le génome lui-même.
Puis est apparu en Israël un dispositif national organisé qui associe l’intelligence artificielle à l’édition du génome et en étend les applications à l’être humain, à l’animal et au végétal.
Et l’affaire ne s’arrête pas là.
C’est là que commence le procès des témoins.
Car l’accusé a été conduit devant le tribunal.
Les preuves ont été présentées.
Le jugement a été prononcé.
Et maintenant, le témoin se tient devant le tribunal.
La question qui lui est adressée n’est pas :
As-tu lu le Coran ?
Mais :
As-tu rendu ton témoignage (shahāda) sur ce que tu as lu ?
Ni :
As-tu entendu parler de « l’altération de la création de Dieu » ?
Mais :
As-tu pris conscience du moment où la capacité d’altérer la création de l’être vivant est devenue une réalité scientifique ?
Ni :
As-tu su ce qui se passe dans le monde ?
Mais :
As-tu transmis aux gens ce que le Coran a dévoilé lorsque son effet est apparu dans la réalité ?
C’est ici que le verset revient placer l’oumma devant sa responsabilité :
﴿لِّتَكُونُوا شُهَدَاءَ عَلَى النَّاسِ﴾ (afin que vous soyez témoins à l’égard des gens).
Car l’affaire ne concerne plus seulement l’accusé.
La question est désormais :
L’oumma a-t-elle saisi ce que le Coran avait placé devant elle ?
Et a-t-elle rendu son témoignage (shahāda) à l’égard des gens, ou « l’altération de la création de Dieu » est-elle restée une notion cantonnée à la lecture du passé, tandis que la capacité susceptible de faire de cette notion une question actuelle se développait sous les yeux du monde, et au cœur d’Israël, sous une forme jusque-là inaccessible aux êtres humains ?
C’est ici que se pose la question à laquelle doit se confronter le deuxième procès, celui des témoins :
Si le Coran a dévoilé, il y a plus de mille quatre cents ans, une « part assignée », et en a lié la fonction à l’ordre qui aboutit à « l’altération de la création de Dieu », puis qu’est apparu à l’époque moderne, en Israël même, un projet avancé d’édition du génome qui concerne l’être humain, l’animal et le végétal et associe CRISPR à l’intelligence artificielle, où était donc le témoignage (shahāda) de l’oumma à l’égard des gens ?
Le Coran place la « part assignée » et « l’altération de la création de Dieu » dans un même contexte. Puis il dévoile un exemple relatif à un être vivant. Des siècles plus tard apparaît une capacité humaine à intervenir dans la structure génétique des organismes. Puis apparaît en Israël un dispositif national organisé d’édition du génome qui concerne l’être humain, l’animal et le végétal et intègre l’intelligence artificielle à cette technique. S’agit-il donc d’une simple coïncidence historique, ou sommes-nous devant l’une des formes par lesquelles le Coran dévoile le sens de « l’altération de la création de Dieu » ?
Le Coran ne nous a pas donné le nom de la technique. Il ne nous a pas donné le nom du laboratoire. Il ne nous a pas dit non plus que la trajectoire commencerait par l’animal pour s’achever avec l’être humain. Mais il a placé devant nous une part assignée, un ordre, une modification d’un être vivant, puis l’altération de la création de Dieu. Quatorze siècles plus tard, l’être humain a acquis la capacité d’éditer le génome des êtres vivants, jusqu’aux cellules humaines, et un projet national organisé est apparu en Israël, associant cette capacité à l’intelligence artificielle et l’appliquant à l’être humain, à l’animal et au végétal. Le verset ne s’arrête pas là ; c’est là que commence l’épreuve.
La question n’est plus seulement de savoir ce qu’a dit le Coran, mais si l’oumma a lu le signe et si elle a rempli sa fonction de témoin à l’égard des gens lorsque ce signe a pris forme dans la réalité.
C’est ici que commence le deuxième procès : celui des témoins.
Les procès précédents dans cette affaire
La part assignée
Le dernier procès : l’intelligence artificielle peut-elle innocenter Israël ?
Le procès décisif
