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Quand nous délaissons le Coran, nous fabriquons des ennemis que le Coran n’a pas fabriqués

Lire le Coran de l’intérieur

Langue du contenuOriginal: العربية
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NarrateurFrançais

Que dit le Coran au sujet de l’hostilité des juifs et de l’amitié de ceux qui ont dit : « Nous sommes chrétiens » ?

Une erreur se répète dans le discours arabe et islamique contemporain, particulièrement lorsqu’il est question d’Israël et de l’Occident.

En raison du soutien occidental à Israël, des positions de gouvernements occidentaux en sa faveur, et des guerres, des politiques coloniales et des interventions politiques qui y sont liées, certains intellectuels et penseurs arabes en viennent à placer les juifs, les chrétiens et l’Occident chrétien dans un même front, comme s’ils représentaient tous une seule et même position à l’égard des musulmans.

Il nous faut ici marquer un arrêt.

Non pour défendre Israël.

Ni pour disculper les juifs des crimes commis par ceux qui en portent la responsabilité.

Ni pour justifier l’occupation, les tueries, les déplacements forcés ou la colonisation de peuplement.

Ni pour défendre les politiques occidentales favorables à Israël.

Mais pour une seule raison :

Parce que le musulman est tenu de placer le Coran au-dessus de sa colère politique, de la narration (riwāya) historique, de ce qui lui a été légué et de la réalité qu’il voit de ses propres yeux.

Si le Coran a dit quelque chose, il ne nous est pas permis d’y substituer ce que nous voudrions lui faire dire.

Le verset que l’on ne peut passer sous silence

Le Très-Haut dit :

﴿لَتَجِدَنَّ أَشَدَّ النَّاسِ عَدَاوَةً لِّلَّذِينَ آمَنُوا الْيَهُودَ وَالَّذِينَ أَشْرَكُوا ۖ وَلَتَجِدَنَّ أَقْرَبَهُم مَّوَدَّةً لِّلَّذِينَ آمَنُوا الَّذِينَ قَالُوا إِنَّا نَصَارَىٰ ۚ ذَٰلِكَ بِأَنَّ مِنْهُمْ قِسِّيسِينَ وَرُهْبَانًا وَأَنَّهُمْ لَا يَسْتَكْبِرُونَ﴾ (Tu trouveras assurément que les plus hostiles des hommes envers ceux qui ont cru sont les juifs et ceux qui ont associé ; et tu trouveras assurément que les plus proches d’eux par l’affection envers ceux qui ont cru sont ceux qui ont dit : « Nous sommes chrétiens. » Cela tient à ce qu’il y a parmi eux des prêtres et des moines, et à ce qu’ils ne s’enflent pas d’orgueil.) [المائدة: ٨٢]

Ce n’est pas un verset marginal.

Il place devant le croyant une comparaison coranique claire :

Les juifs et ceux qui ont associé se trouvent du côté de la plus forte hostilité.

Et ceux qui ont dit : « Nous sommes chrétiens » se trouvent du côté de la plus grande proximité affectueuse.

Comment le musulman peut-il, après cela, placer les juifs et les chrétiens dans une même catégorie d’hostilité ?

D’où vient cette généralisation ?

Et quelle place a-t-il accordée à ce verset dans son raisonnement ?

Le Coran n’a pas dit : les juifs et les chrétiens sont pareils

Remarquez la précision du texte.

Il n’a pas dit :

﴿أَشَدَّ النَّاسِ عَدَاوَةً لِّلَّذِينَ آمَنُوا الْيَهُودَ وَالنَّصَارَىٰ﴾ (Les plus hostiles des hommes envers ceux qui ont cru sont les juifs et les chrétiens).

Il a dit au contraire :

﴿الْيَهُودَ وَالَّذِينَ أَشْرَكُوا﴾ (Les juifs et ceux qui ont associé).

Puis il dit :

﴿أَقْرَبَهُم مَّوَدَّةً لِّلَّذِينَ آمَنُوا الَّذِينَ قَالُوا إِنَّا نَصَارَىٰ﴾ (Les plus proches d’eux par l’affection envers ceux qui ont cru sont ceux qui ont dit : « Nous sommes chrétiens. »).

D’où vient donc l’assimilation que nous observons aujourd’hui dans certains discours ?

Comment les juifs et les chrétiens sont-ils devenus un seul front dans le Coran ?

Ils ne le sont pas devenus.

Ce n’est pas une lecture du Coran.

C’est une lecture politique projetée sur le Coran.

La politique ne change pas les paroles de Dieu

Quelqu’un pourrait dire :

Mais le monde a changé.

Aujourd’hui, des États occidentaux soutiennent Israël.

Aujourd’hui, des gouvernements occidentaux votent à ses côtés.

Aujourd’hui, des médias occidentaux sont partiaux.

Aujourd’hui, il existe un passé colonial.

Tout cela peut être examiné.

Cela doit même être examiné.

Mais les paroles de Dieu ont-elles changé parce que la politique a changé ?

Dieu dit :

﴿لَا مُبَدِّلَ لِكَلِمَاتِ اللَّهِ﴾ (Nul ne peut changer les paroles de Dieu).

Et encore :

﴿وَلَا تَبْدِيلَ لِكَلِمَاتِ اللَّهِ﴾ (Et il n’y a pas de changement aux paroles de Dieu).

Et encore :

﴿فَلَن تَجِدَ لِسُنَّتِ اللَّهِ تَبْدِيلًا ۖ وَلَن تَجِدَ لِسُنَّتِ اللَّهِ تَحْوِيلًا﴾ (Tu ne trouveras donc aucun changement à la loi de Dieu, et tu ne trouveras aucune déviation à la loi de Dieu).

Si Dieu, qui connaît l’invisible et le visible, a établi pour nous une loi et une balance, nous n’avons pas le droit d’abolir cette balance parce que nous avons constaté une réalité politique différente.

La réalité s’interprète à la lumière du Coran ; ce n’est pas le Coran qui doit être remodelé en fonction de la réalité.

Israël ne doit pas servir de critère pour juger les chrétiens

C’est ici que se produit l’erreur la plus grave.

Certains intellectuels voient le soutien de certains gouvernements occidentaux à Israël et disent :

Donc, l’Occident chrétien est l’ennemi des musulmans.

Puis : donc, les chrétiens et les juifs ont une même position.

Puis : donc, les juifs et les chrétiens sont les ennemis des musulmans.

Cela se transforme ensuite en formules générales telles que :

Que Dieu maudisse les juifs et les chrétiens.

Le musulman a ainsi lui-même fait obstacle au verset coranique.

Car le Coran dit :

﴿أَقْرَبَهُم مَّوَدَّةً﴾ (Les plus proches d’eux par l’affection).

Comment le transformons-nous en :

Les plus hostiles d’entre eux ?

Comment pouvons-nous placer dans une même catégorie ceux que le Coran a distingués ?

Ne laisse pas la colère contre Israël annuler le Coran

La question palestinienne est une question d’injustice, d’occupation, de tueries, de déplacements forcés, de droits, de terre et de peuple.

Le musulman peut manifester le rejet le plus radical d’Israël et de ses politiques.

Mais il ne doit pas permettre à cette colère de réécrire le Coran.

Si un responsable israélien a commis un crime, la responsabilité lui en incombe.

Si un gouvernement israélien a pris une décision, la responsabilité incombe aux décideurs et à ceux qui y ont participé.

Si une armée a commis un crime, la responsabilité incombe à ceux qui l’ont commis, ordonné et qui y ont participé, selon les faits.

Mais passer de cela à :

Les juifs, les chrétiens et l’Occident sont tous les ennemis des croyants

n’est pas une déduction coranique.

C’est une généralisation.

Et le Coran explique la raison de l’affection

Le Coran n’a pas laissé la chose sans explication.

Il a dit : ﴿ذَٰلِكَ بِأَنَّ مِنْهُمْ قِسِّيسِينَ وَرُهْبَانًا وَأَنَّهُمْ لَا يَسْتَكْبِرُونَ﴾ (Cela tient à ce qu’il y a parmi eux des prêtres et des moines, et à ce qu’ils ne s’enflent pas d’orgueil).

Puis il dit : ﴿وَإِذَا سَمِعُوا مَا أُنزِلَ إِلَى الرَّسُولِ تَرَىٰ أَعْيُنَهُمْ تَفِيضُ مِنَ الدَّمْعِ مِمَّا عَرَفُوا مِنَ الْحَقِّ﴾ (Et lorsqu’ils entendent ce qui a été révélé au Messager, tu vois leurs yeux déborder de larmes à cause de ce qu’ils ont reconnu de la vérité).

Puis : ﴿فَأَثَابَهُمُ اللَّهُ بِمَا قَالُوا جَنَّاتٍ تَجْرِي مِن تَحْتِهَا الْأَنْهَارُ﴾ (Dieu les a donc récompensés, pour ce qu’ils ont dit, par des jardins sous lesquels coulent les rivières).

Le Coran ne se contente donc pas de dire :

Les plus proches d’eux par l’affection.

Il présente aussi l’image d’un être humain qui entend la vérité, la reconnaît et en est touché.

Nous est-il permis d’effacer tout cela au nom d’une position politique contemporaine ?

Le Coran ne formule pas un jugement temporel passager

Nous arrivons ici à un point plus profond.

Si Dieu connaît l’invisible et le visible, ce qu’Il nous apprend des lois qui régissent l’être humain n’est pas une information journalistique liée à une conjoncture révolue.

Dieu connaît l’être humain.

Il sait comment il pense.

Il sait comment il est séduit.

Il sait comment il est égaré.

Il sait comment les différends se transforment en conflits.

Et Il sait comment les faiblesses humaines peuvent être exploitées.

C’est pourquoi l’étude du Coran n’est pas seulement une étude du passé.

Elle est une étude des lois qui régissent l’être humain.

D’Iblis au Samiri

Dans notre précédente recherche sur la séduction et l’égarement, un modèle important est apparu.

Iblis a déclaré :

﴿لَأَقْعُدَنَّ لَهُمْ صِرَاطَكَ الْمُسْتَقِيمَ﴾ (Je me posterai assurément pour eux sur Ta voie droite).

Puis il dit :

﴿ثُمَّ لَآتِيَنَّهُم مِّن بَيْنِ أَيْدِيهِمْ وَمِنْ خَلْفِهِمْ وَعَنْ أَيْمَانِهِمْ وَعَن شَمَائِلِهِمْ﴾ (Puis je viendrai assurément à eux par-devant et par-derrière, par leur droite et par leur gauche).

Puis le Coran a révélé qu’il existe des démons parmi les hommes et les djinns :

﴿شَيَاطِينَ الْإِنسِ وَالْجِنِّ يُوحِي بَعْضُهُمْ إِلَىٰ بَعْضٍ زُخْرُفَ الْقَوْلِ غُرُورًا﴾ (Les démons parmi les hommes et les djinns s’inspirent les uns aux autres des paroles enjolivées pour tromper).

Puis il nous présente, avec le Samiri, un modèle clair d’égarement collectif :

﴿فَإِنَّا قَدْ فَتَنَّا قَوْمَكَ مِن بَعْدِكَ وَأَضَلَّهُمُ السَّامِرِيُّ﴾ (Nous avons certes mis ton peuple à l’épreuve après ton départ, et le Samaritain les a égarés).

Le Samaritain ne s’est donc pas seulement égaré lui-même.

Il a égaré un peuple.

C’est là un point important.

L’égarement peut se propager de l’individu au groupe.

Et de l’idée au groupe.

Et du groupe au conflit.

« Diviser pour régner » est-il l’un des instruments de l’égarement ?

Il faut ici distinguer le texte coranique de l’hypothèse.

Le Coran nous révèle qu’Iblis cherche à égarer l’être humain, que les démons parmi les hommes et les djinns coopèrent dans l’ornementation trompeuse du discours, et qu’un être humain peut égarer un groupe.

On peut dès lors formuler une hypothèse :

Si une partie souhaite affaiblir une force humaine considérable, a-t-elle besoin de l’affronter directement ?

Ou peut-elle œuvrer à la désagréger de l’intérieur ?

Peut-elle amener les musulmans à voir dans les chrétiens des ennemis naturels ?

Puis amener les chrétiens à voir dans les musulmans des ennemis naturels ?

Puis la peur grandit.

Puis la haine.

Puis le conflit.

Puis des milliards d’êtres humains s’occupent les uns des autres, tandis que celui qui y trouve véritablement son intérêt disparaît derrière le conflit ?

Ce n’est pas une vérité que nous proclamons sans preuve.

C’est une hypothèse qui doit être mise à l’épreuve du Coran, de la réalité et des indices.

Mais c’est une hypothèse qui mérite d’être examinée.

Des milliards d’êtres humains peuvent devenir des adversaires

Les musulmans représentent aujourd’hui plus de deux milliards d’êtres humains.

Et les chrétiens plus de deux milliards d’êtres humains.

Si le discours politique ou religieux parvient à transformer cette immense masse humaine en adversaires permanents, il n’y aura pas un seul camp perdant.

Les deux camps seront perdants.

La question devient alors :

Qui bénéficie de la transformation de la différence religieuse en conflit généralisé ?

Et qui bénéficie du fait de convaincre le musulman que tout chrétien est son ennemi ?

Et qui bénéficie du fait de convaincre le chrétien que tout musulman est son ennemi ?

Et qui bénéficie de la transformation du monde en camps religieux qui s’affrontent ?

C’est ici que le musulman doit réexaminer sa position

Le musulman ne peut se permettre de dire :

Je suis en colère, c’est pourquoi je délaisserai le Coran.

Il ne peut non plus se permettre de dire :

La réalité politique a changé, c’est pourquoi je modifierai le jugement coranique.

Il ne peut non plus se permettre de dire :

Certains gouvernements occidentaux ont soutenu Israël, c’est pourquoi je rangerai tous les milliards de chrétiens dans une seule et même catégorie.

Il doit au contraire revenir au Coran.

Même si le résultat est inconfortable.

Même s’il contredit ce dont il a hérité.

Même s’il contredit ce que disent certains cheikhs.

Même s’il contredit le discours politique répandu.

Car le Coran est l’arbitre.

Le Coran peut dire ce que nous ne voulons pas entendre

C’est là le moment le plus difficile du Tadbur.

Lire le Coran en étant prêt à ce qu’il vous corrige.

Et non le lire en cherchant un verset qui vous donne raison.

Si le Coran dit :

﴿أَقْرَبَهُم مَّوَدَّةً﴾ (les plus proches d’eux par l’affection) []

Vous devez vous arrêter.

Et s’il dit :

﴿أَشَدَّ النَّاسِ عَدَاوَةً﴾ (les plus acharnés des hommes dans leur hostilité) []

Vous devez vous arrêter.

Et s’il distingue deux groupes, il ne nous est pas permis de les confondre.

Et s’il corrige notre position, nous devons accepter cette correction.

Car le Coran n’est pas seulement une arme que nous dirigeons contre les autres ; le Coran est une balance placée devant nous aussi.

Qu’en est-il de l’Occident ?

Nous pouvons critiquer l’Occident.

Nous devons même critiquer tout gouvernement occidental lorsqu’il adopte une position injuste.

Nous pouvons étudier le colonialisme.

Et nous pouvons étudier les guerres.

Et nous pouvons étudier le soutien à Israël.

Et nous pouvons étudier les lobbies, les groupes de pression, les médias, les financements et les relations politiques.

Mais nous devons toujours demander :

Qui a agi ?

Qui a décidé ?

Qui a financé ?

Qui a exercé des pressions ?

Qui en a bénéficié ?

Qui a voté ?

Au lieu de dire :

L’Occident a agi.

Car « l’Occident » n’est pas une seule personne.

Et cette précision n’affaiblit pas notre position.

Elle la renforce au contraire.

Qu’en est-il des réfugiés arabes en Occident ?

Un paradoxe apparaît ici, qu’il ne faut pas ignorer.

Des Palestiniens, des Syriens, des Arabes et des musulmans ont trouvé dans des pays occidentaux un refuge, la sécurité, l’éducation, des soins et la possibilité d’une vie nouvelle, alors que de nombreux pays arabes et islamiques n’ont pas été en mesure de les accueillir ou de les protéger au même niveau.

Ce fait n’absout pas l’Occident de ses politiques.

Il n’absout pas non plus Israël de ses crimes.

Et il n’efface pas l’histoire coloniale.

Mais il révèle l’erreur de cette formule :

L’Occident tout entier est notre ennemi.

Car la personne qui a ouvert sa maison à un réfugié n’est pas nécessairement le décideur politique qui a soutenu la guerre.

Et le médecin qui a soigné le réfugié n’est pas responsable de la décision de son gouvernement.

Et le journaliste qui a révélé le crime n’est pas le gouvernement qui l’a dissimulé.

Et le citoyen qui a manifesté contre la guerre n’est pas le responsable qui l’a soutenue.

Pourquoi donc faire de tous une seule et même chose ?

Ne laissez pas Israël séparer les musulmans du Coran

C’est peut-être là le point le plus sensible.

Si la question d’Israël conduit le musulman à haïr chaque juif, puis chaque chrétien, puis chaque Occidental, le cercle du conflit s’est alors étendu bien au-delà de la question dont il est parti.

Et si le discours politique réussit à convaincre les musulmans que :

Les juifs, les chrétiens et l’Occident forment un seul bloc,

Il aura réussi à annuler le verset coranique qui dit :

﴿أَقْرَبَهُم مَّوَدَّةً﴾ (les plus proches d’eux par l’affection).

Nous devons alors demander :

Notre colère contre Israël est-elle devenue plus forte que notre attachement au Coran ?

Si la réponse est oui, le problème est en nous-mêmes.

Nous n’avons pas besoin d’un ennemi collectif

La cause palestinienne n’a pas besoin de haine collective pour être juste.

Tuer un Palestinien est un crime.

Déplacer de force un Palestinien est un crime.

Confisquer la terre est une injustice.

L’occupation est une question politique et éthique.

Et la politique qui soutient cela peut être critiquée et combattue.

Tout cela peut être dit sans transformer les juifs et les chrétiens en un seul bloc.

La précision coranique renforce même notre argumentation.

Car nous n’avons pas besoin de dire :

Tous les juifs sont coupables.

Ni :

Tous les chrétiens sont coupables.

Nous disons plutôt :

Celui qui a commis le crime en porte la responsabilité.

Et celui qui l’a soutenu en porte la responsabilité.

Et celui qui y a participé en porte la responsabilité.

Et celui qui l’a passé sous silence porte sa responsabilité à la mesure de sa position.

Et celui qui y a résisté mérite que nous voyions sa position telle qu’elle est.

Telle est la justice.

Le plus dangereux est de chercher un ennemi plutôt que de chercher la vérité

Si Iblis a annoncé qu’il se tiendrait à l’affût de l’être humain sur la voie droite, alors le plus dangereux qui puisse nous arriver est de perdre notre capacité à voir la vérité.

Qu’il nous amène à haïr ceux qui ne sont pas nos ennemis.

Et qu’il nous amène à assimiler ceux que le Coran a distingués.

Et qu’il nous amène à voir les peuples comme des blocs homogènes.

Et qu’il nous amène à chercher un ennemi collectif plutôt que l’acteur réel.

Et que nous nous préoccupions du musulman, du chrétien, du juif, de l’Arabe et de l’Occidental, tandis que le véritable décideur disparaît derrière ces classifications.

Si telle est l’une des voies de l’égarement, la meilleure manière d’y résister est alors :

Le retour au Coran.

Conclusion : réexaminez vos positions à la lumière du Coran

Le musulman est aujourd’hui appelé à réexaminer sa position.

Il ne lui est pas demandé de défendre Israël.

Il ne lui est pas non plus demandé de justifier ses crimes.

Il ne lui est pas non plus demandé de garder le silence sur le soutien occidental qui lui est apporté.

Il ne lui est pas non plus demandé de renoncer à la cause palestinienne.

Ce qui lui est demandé, c’est plutôt de garder le Coran pour boussole face à tout cela.

Dieu connaît l’invisible et le visible.

Et c’est Lui qui dit :

﴿لَا مُبَدِّلَ لِكَلِمَاتِ اللَّهِ﴾ (Nul ne peut changer les paroles de Dieu).

Si donc le Coran dit :

﴿لَتَجِدَنَّ أَشَدَّ النَّاسِ عَدَاوَةً لِّلَّذِينَ آمَنُوا الْيَهُودَ وَالَّذِينَ أَشْرَكُوا﴾ (Tu trouveras assurément que les plus hostiles des hommes envers ceux qui ont cru sont les Juifs et ceux qui ont associé à Dieu d’autres divinités) []

Puis il dit :

﴿وَلَتَجِدَنَّ أَقْرَبَهُم مَّوَدَّةً لِّلَّذِينَ آمَنُوا الَّذِينَ قَالُوا إِنَّا نَصَارَىٰ﴾ (Et tu trouveras assurément que les plus proches d’entre eux par l’affection envers ceux qui ont cru sont ceux qui ont dit : « Nous sommes chrétiens ») []

Il n’est alors pas permis au musulman d’effacer cette différence.

Ni en raison de la politique.

Ni en raison de la guerre.

Ni en raison d’Israël.

Ni en raison de l’histoire.

Ni en raison de la colère.

Car Dieu ne se trompe pas dans Sa parole ; c’est nous qui pouvons nous tromper dans notre lecture de celle-ci.

C’est ici que commence le véritable réexamen :

Nous conformons-nous à ce que dit le Coran ?

Ou à ce dont nous avons hérité ?

Lisons-nous la réalité à travers le Coran ?

Ou réinterprétons-nous le Coran à travers la réalité ?

Cherchons-nous la vérité ?

Ou cherchons-nous un ennemi ?

Et si Satan veut égarer l’être humain, si le Coran révèle l’existence de démons parmi les hommes et les djinns, et si le Samaritain a pu égarer un groupe, se pourrait-il que la division des grandes puissances et l’attisement de l’hostilité entre elles soient l’un des instruments de l’égarement ?

Les musulmans représentent en effet plus de deux milliards de personnes.

Et les chrétiens, plus de deux milliards de personnes.

Si ces personnes deviennent des ennemis permanents, qui en tirera profit ?

Et si quelqu’un réussit à convaincre les musulmans que tous les chrétiens sont leurs ennemis, et à convaincre les chrétiens que tous les musulmans sont leurs ennemis, n’aura-t-il pas réussi à démanteler une immense force humaine sans tirer une seule balle ?

C’est peut-être ici que se pose la question la plus grave :

Faisons-nous face au projet d’égarement, ou sommes-nous devenus l’un de ses instruments ?

C’est pourquoi le musulman doit revenir au Coran.

Non pas lorsque le Coran s’accorde avec sa colère.

Mais tout particulièrement lorsque le Coran dit quelque chose qu’il ne veut pas entendre.

Car le Coran n’est pas un livre destiné à confirmer nos positions.

C’est le Coran qui corrige nos positions.

Et si la vérité que révèle le Coran ne correspond pas à ce que nous voulons, c’est nous-mêmes que nous devons remettre en question, non le Coran.

C’est là que réside la véritable fidélité :

Même si le Coran ne nous relate pas la vérité que nous voulons, nous nous en tenons à ce qu’il dit ; car nous croyons que Celui qui a fait descendre le Coran sait ce que nous ne savons pas.

L’être humain voit un instant.

Dieu, Lui, voit l’ensemble des lois qui régissent le cours des choses.

L’être humain voit ce qui est manifeste.

Dieu, Lui, connaît l’invisible et le visible.

L’être humain peut lire l’histoire.

Mais c’est Dieu qui a créé l’être humain et qui sait comment il est séduit, comment il est égaré et comment il se divise.

Voilà pourquoi le retour au Coran n’est pas une faiblesse politique.

Il peut, au contraire, être le moyen le plus puissant de sortir de la tromperie.

Ne faites pas d’Israël une raison d’abandonner le Coran.

Et ne faites pas de votre colère contre l’injustice une raison de faire injustice au texte.

Et ne permettez pas à la méthode « diviser pour régner » de transformer des milliards d’êtres humains en ennemis, tandis que celui qui y a véritablement intérêt demeure hors de votre vue.

Car le Coran nous a donné la boussole.

Reste la question :

Nous y conformerons-nous ?

Compagnon de lecture